Une table ronde organisée par Que choisir ensemble a mis en lumière des pistes de solutions.
Le projet de loi d’urgence agricole présenté en avril 2026 en Conseil des ministres termine actuellement son parcours législatif. Après son passage au Sénat, le texte fixe “comme objectif le doublement des volumes de stockage d’eau pour les usages agricoles d’ici à 2035”, supprime l’obligation d’organiser des réunions publiques pour l’autorisation environnementale de construction des ouvrages de stockage d’eau et permet la réintroduction de deux pesticides interdits.
Ce projet de loi survient alors que la France fait face à un problème croissant de pollution de l’eau. Les analyses de qualité de l’eau montrent que seuls 85% des réseaux d’eau étaient conformes à l’ensemble des normes réglementaires en 2023, selon un décompte réalisé par Que choisir ensemble (ex-UFC-Que choisir) fin 2025. Ce chiffre est en recul de 10 points par rapport à une précédente enquête menée en 2021.
L’une des premières raisons de cette dégradation, ce sont les résidus de pesticides. Les agences régionales de santé recherchent des résidus de pesticides qu’elles ne recherchaient pas avant, a rappelé Marie-Amandine Stévenin, présidente de Que choisir ensemble, lors d’un événement organisé le 1er juillet.
La table ronde qui a suivi a permis de réfléchir aux solutions dont disposent les collectivités territoriales. Animatrice de cette table ronde, Maylis Labusquière, responsable des partenariats au BASIC, a rappelé qu’elles avaient un pouvoir conséquent, car elles représentent près de 20% des soutiens publics au système alimentaire, principalement via la restauration collective, comme l’a montré l’étude du BASIC sur les coûts sociétaux de l’alimentation publiée fin 2024.
Régis Taisne, chef du département “cycle de l’eau” à la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), s’est réjoui de voir un projet comme le label Terres de Sources, qui permet de valoriser les productions d’agriculteurs et agricultrices protégeant la ressource en eau, commencer à essaimer au-delà du bassin rennais où il est né : en Charente-Maritime, dans les territoires de la Seine, etc.
Jean-Claude Raux, député écologiste de Loire-Atlantique, a dénoncé un renoncement politique sur la question de l’eau, particulièrement sensible dans les débats sur la loi d’urgence agricole, mais il a dit espérer que la mobilisation des scientifiques, des médecins, allait aider à faire bouger les choses.
Antoine Guillou, adjoint au maire de Paris chargé, entre autres, de l’alimentation durable, de l’axe Seine et des canaux, a mis en avant le dispositif de paiements pour services environnementaux proposé par Eau de Paris, qui rémunère les agriculteurs et agricultrices pour des actions contribuant à restaurer ou maintenir des écosystèmes. Les dispositifs d’aides agricoles mis en place par Eau de Paris ont ainsi permis une réduction de 77% de la quantité de pesticides utilisés dans les zones concernées, a fait savoir l’organisme fin 2024.
👉 Voir aussi l’épisode de Vibe que nous avons consacré à la question de l’eau et des collectivités territoriales.