Le premier événement de notre cycle de petits-déjeuners Vibe a eu lieu le 13 janvier 2026. Il a porté sur les moyens dont disposent les communes et les intercommunalités pour réguler la publicité.

L’Institut Veblen, le BASIC et Le Lierre ont organisé mardi 13 janvier 2026 un petit-déjeuner Vibe intitulé « Réguler la publicité, mode d’emploi ». Cet événement s’inscrivait dans le cadre de notre cycle consacré au pouvoir des communes et intercommunalités, à l’occasion des élections municipales des 15 et 22 mars.
« Nous vivons dans un environnement obésogène » qui, par la publicité, « incite à la consommation d’aliments trop gras, trop salés, trop sucrés ou ultratransformés », a déclaré Lucie Verhaeghe, directrice générale du Centre hospitalier du Drôme Vivarais, qui intervenait en tant que membre du Lierre. Les dépenses publicitaires pour l’alimentation représentent 5,5 milliards d’euros par an, a-t-elle rappelé, citant ainsi le travail de recherche du BASIC sur les coûts sociétaux du système alimentaire français. Ce montant est au moins 1 000 fois supérieur au budget de communication du Programme national nutrition santé, qui diffuse les messages du type « Pour votre santé, évitez de manger trop gras, trop sucré, trop salé ».
Ambroise Pascal, délégué à la transition écologique à la DGCCRF, a présenté les possibilités de régulation qui s’offrent aux municipalités :
Dans les cas où la collectivité fait le choix de dédier une partie de l’espace public à de la publicité avec une gestion en régie, elle peut prévoir des clauses dans les contrats de gestion du mobilier urbain ou de certains équipements publics pour orienter le type de publicités affichées. Un des fondements juridiques que la collectivité peut invoquer est que la commande publique doit participer à des objectifs de développement durable dans leur dimension économique, sociale et environnementale.
Par ailleurs, la liberté contractuelle doit permettre d’envisager des critères d’exclusion pour des raisons sanitaires, sociales et environnementales. Il est également possible d’imaginer des critères positifs, prévoyant des proportions minimales de publicités sur certaines pratiques durables, sur des modes de transports décarbonés, sur le tourisme et le commerce locaux, etc.
Au travers du règlement local de publicité que les collectivités peuvent adopter, le ou la maire peut prévoir un certain nombre de prescriptions sur le nombre, le format, l’emplacement des panneaux publicitaires. La concertation reste toutefois indispensable, a rappelé Ambroise Pascal.
Ce numéro de Vibe a été l’occasion de parler des initiatives de Londres et de Grenoble pour réguler la publicité.
En 2019, la mairie de Londres a interdit les publicités pour les aliments et boissons riches en graisses, sel ou sucre, sur l’ensemble du réseau transport de la capitale britannique. Une étude a montré que la mesure avait eu des conséquences immédiates sur les habitudes alimentaires de la population. C’est ce que rappelle une fiche disponible sur le site Solutions Transitions.
En 2014, la mairie de Grenoble a décidé de ne pas renouveler le contrat qui liait la commune à JCDecaux et a demandé à cette entreprise de démanteler les 326 panneaux, 20 colonnes et 64 grands panneaux disséminés dans la ville. La plus grosse difficulté a été l’enjeu financier, a expliqué Gilles Namur, adjoint à la mairie chargé des Espaces publics. Les 150 000 euros annuels du nouveau contrat que proposait JCDecaux ont été compensés par des mesures comme la baisse des indemnisations des élus et la baisse des frais de bouche du protocole.
👉 Retrouvez ici le vade-mecum tiré de cet événement Vibe.
Voir la rediffusion de l’événement en vidéo :
Les prochains événements Vibe seront les suivants :
📅 Le 10 février 2026 de 9h à 10h30 (à Paris et en ligne), sur le thème de la mobilité. Inscrivez-vous ici.
📅 Le 3 mars 2026 de 8h30 à 10h (à Paris et en ligne), sur le coût de la gestion de l’eau.
Voir ou revoir nos précédents événements Vibe :
- Vibe #1 – Pesticides interdits : comment réduire l’empreinte phytosanitaire de la consommation européenne ?
- Vibe #2 – Quelle(s) souveraineté(s) alimentaire(s) ? Ambitions, ambiguïtés, contradictions
- Vibe #3 – Déréguler… à quel prix ?
- Vibe spécial municipales – Transition alimentaire : les recettes pour agir