Le premier événement de notre cycle de petits-déjeuners Vibe a eu lieu le 9 décembre 2025. Il a porté sur les moyens dont disposent les communes et les intercommunalités pour faciliter la transition du système agricole et alimentaire.

À l’approche des élections municipales et communautaires qui auront lieu les 15 et 22 mars 2026, nous avons souhaité interroger la capacité des communes et des intercommunalités à agir en faveur de la transition écologique. Avec l’Institut Veblen, avec qui nous partageons des locaux et des idées, nous avons décidé de monter un cycle spécial de nos petits-déjeuners Vibe et nous avons été rejoints à cette occasion par le réseau écologiste des professionnel·les de l’action publique Le Lierre, en particulier l’équipe qui pilote le projet Solutions Transitions.
Le premier événement de ce cycle spécial municipales a eu lieu le 9 décembre et s’est concentré sur des recettes permettant aux collectivités locales d’agir pour la transition alimentaire.
👉 Consultez le livret de conseils pour élaborer une stratégie de transition du système agricole et alimentaire de son territoire que nous avons publié
L’impact de l’action menée par les collectivités locales est plus important lorsqu’il y a coordination à divers échelons, a expliqué Ludovic Brossard, conseiller municipal de Rennes délégué à l’alimentation durable et l’agriculture urbaine, lors de l’événement Vibe. Ainsi, la ville de Rennes, la métropole et la collectivité productrice d’eau potable, Eau du bassin rennais, dont il est l’un des vice-présidents, ont mis en place des mesures qui suivent une même ambition visant à changer les pratiques de consommation pour réduire les impacts du système alimentaire sur les revenus, la santé ou encore l’environnement.
La commune a par exemple construit des marchés publics visant à favoriser les produits des fermes en agriculture biologique ou en transition et a créé une école municipale de cuisine pour enseigner une meilleure alimentation aux enfants et impliquer les agents de la restauration collective de la ville. Pour qu’une offre puisse répondre à cette demande, la métropole a mis en place un plan de massification de la production en agriculture biologique avec l’objectif de la faire passer de 14,5% de la surface agricole utile en 2021 à 50% en 2030. La collectivité Eau du bassin rennais a quant à elle créé une coopérative, Terres de sources, qui gère un label du même nom permettant de valoriser les productions d’agriculteurs et d’agricultrices qui protègent la ressource en eau.
[Voir la présentation de Ludovic Brossard]
Les plus petites communes ont également des moyens d’agir, comme l’a montré Michel Pernot du Breuil, adjoint au maire de Margny-lès-Compiègne chargé de l’Environnement, ce mardi 9 décembre. Cette ville de l’Oise souhaitait atteindre dans les cantines de ses écoles un approvisionnement 100% bio à la fois pour des raisons de santé publique, de développement économique local, de protection de l’environnement et d’éducation, tout en continuant à garantir des tarifs accessibles aux familles les plus précaires. Face à l’absence de prestataires capables de répondre à ses demandes, la commune a repris la restauration scolaire de ses écoles en régie directe depuis la rentrée 2024.
Grâce à une chasse aux “coûts inutiles”, le coût par repas – denrées presque 100% bio, amortissement, personnel et coûts administratifs compris – n’a augmenté que de 0,50 euro. L’initiative ayant assuré un marché stable et rémunérateur aux producteurs et productrices, elle leur a permis de réduire leurs coûts commerciaux et les a incités à proposer à la collectivité une baisse de 10% de leurs tarifs au bout d’un an. “On voit qu’on maîtrise nos coûts pendant qu’ils continuent à augmenter chez les prestataires de services de la restauration scolaire. Donc l’écart se réduit progressivement”, assure Michel Pernot du Breuil. L’initiative commence à faire des émules dans les communes voisines.
[Voir la présentation de Michel Pernot du Breuil]
Pour mener à bien la transition alimentaire de son territoire, il est utile d’avoir un référentiel commun, a expliqué Camille Brillion, responsable de projets Transition des territoires au BASIC. C’est-à-dire un diagnostic partagé, une vision prospective commune et des moyens d’évaluation pour entreprendre ensemble des actions ayant un potentiel d’impact réel. Pour le BASIC, ce référentiel commun prend la forme d’une Boussole de durabilité qui permet d’évaluer la durabilité d’un territoire en lien avec les questions d’agriculture et d’alimentation et de se projeter vers un horizon souhaitable. Elle comporte sept enjeux écologiques (ressource en eau, état des sols, biodiversité, etc.) et huit enjeux socio-économiques (santé humaine, niveaux de vie, bien-être animal, etc.).
[Voir la présentation de Camille Brillion]
Pour réussir, les collectivités locales doivent pouvoir s’appuyer sur des professionnels engagés, a déclaré Sarah Pecas, directrice de la mobilisation des acteurs du territoire à la Fondation pour la nature et l’homme. La FNH s’est ainsi rapprochée du réseau interprofessionnel de la restauration collective Restau’Co pour lancer il y a 10 ans Mon Restau responsable afin d’accompagner les cantines vers une alimentation plus durable, comme elle l’a expliqué lors de notre événement Vibe et dans une fiche du projet Solutions Transitions.
Voir l’enregistrement vidéo de cet événement :
Les prochains événements Vibe seront les suivants :
📅 Le 13 janvier 2026 de 8h30 à 10h (à Paris et en ligne), sur la question des municipalités face à la régulation de la publicité. Inscrivez-vous ici.
📅 Le 10 février 2026 de 8h30 à 10h (à Paris et en ligne), sur le thème de la mobilité.
📅 Le 3 mars 2026 de 8h30 à 10h (à Paris et en ligne), sur la gestion de l’eau.
Voir ou revoir nos précédents événements Vibe :
- Vibe #1 – Pesticides interdits : comment réduire l’empreinte phytosanitaire de la consommation européenne ?
- Vibe #2 – Quelle(s) souveraineté(s) alimentaire(s) ? Ambitions, ambiguïtés, contradictions
- Vibe #3 – Déréguler… à quel prix ?
Photo : Dan Meyers / Unsplash.