Une seule santé : pour les humains, les animaux et les écosystèmes

L’approche “Une seule santé” peut conduire à une amélioration de la durabilité du système alimentaire, à condition de l’inscrire dans une logique de durabilité forte.

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Plus de 30 nouveaux agents pathogènes humains ont été détectés au cours des 30 dernières années, dont 75 % sont d’origine animale, explique l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur son site. “Ce chiffre, à lui seul, justifie la réunion d’aujourd’hui”, a déclaré Emmanuel Macron en ouvrant le One Health Summit à Lyon le 7 avril. Ce sommet international visait à promouvoir une coopération internationale dans le domaine de la santé des humains, des animaux et des écosystèmes.

Ces trois santés sont étroitement liées, c’est le cœur du concept “Une seule santé” (ou “One Health”), une approche développée depuis le début des années 2000 et portée par quatre organismes de l’ONU : l’OMS, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), l’Organisation mondiale de la santé animale (OMSA) et, plus récemment, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Mais la lecture qu’en font les institutions donne fréquemment lieu à des applications anthropocentrées (sous l’angle des risques que font peser la santé des animaux et celle des écosystèmes sur nous, les humains) et fondées sur des logiques d’atténuation et d’adaptation plutôt que de transformation. La Boussole de durabilité développée par le BASIC permet de mettre en œuvre une vision systémique et plus ambitieuse de l’approche “Une seule santé”.

🧭 La Boussole de durabilité offre une vision du caractère durable ou non du système alimentaire d’un territoire donné au regard de sept enjeux écologiques (ressource en eau, état des sols, biodiversité, etc.) et de huit enjeux socio-économiques (santé humaine, niveaux de vie, bien-être animal, etc.).
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Au contraire de certaines approches institutionnelles d’“Une seule santé”, la Boussole de durabilité invite à privilégier la prévention sur la gestion de crise, à rechercher des co-bénéfices et à refuser les logiques de compensation ou encore à s’appuyer sur une coopération multi-acteurs. Elle permet de voir en quoi agir sur les enjeux de l’approche “Une seule santé” permet d’améliorer la durabilité du système alimentaire dans son ensemble.

Agir sur les enjeux de l’approche “Une seule santé” permet d’améliorer la durabilité du système alimentaire dans son ensemble.

Ainsi, agir sur la sécurité alimentaire en s’assurant que les populations ont suffisamment d’aliments de qualité à disposition permet aussi d’améliorer leur santé. Une population en meilleure santé a moins besoin de médicaments et produit moins de rejets médicamenteux dans l’eau et dégrade ainsi moins la qualité de celle-ci.

De même, améliorer la santé animale en réduisant l’intensité de l’élevage permet d’éviter l’émergence et la propagation de pathogènes, tant vers les autres animaux d’élevage que vers la faune sauvage.

Enfin, agir sur la santé des écosystèmes, évaluée par le niveau de biodiversité et l’état des sols, permet d’améliorer d’autres enjeux de durabilité écologiques, notamment le climat. La présence d’une couverture permanente des sols permet par exemple de lutter contre le changement climatique. Atténuer le changement climatique permet de freiner la perte de diversité des espèces végétales et animales.

Les collectivités territoriales ont la possibilité d’appliquer l’approche “Une seule santé” à leurs actions pour améliorer la durabilité du système alimentaire.

Le BASIC forme actuellement 13 territoires des Hauts-de-France pour qu’ils intègrent le concept “Une seule santé” dans le pilotage de leur stratégie de projet alimentaire territorial (PAT) ou de contrat local de santé (CLS). Nous les accompagnons à concevoir des actions qui prennent en compte toutes les dimensions d’“Une seule santé” pour combler les manques identifiés dans leur stratégie actuelle.

Parmi les actions qui suivent les principes d’“Une seule santé”, on peut citer les ordonnances vertes, qui visent à la distribution de paniers de légumes biologiques à des femmes enceintes pour une protection de leur santé et de celle de leur futur enfant tout en soutenant la filière d’agriculture biologique pour préserver la qualité des sols, et de l’eau et la biodiversité.

L’approche “Une seule santé” ne doit pas pour autant être un carcan en raison duquel des territoires s’interdiraient de mener telle ou telle action au motif qu’elle ne remplirait pas à elle seule tous les critères de l’approche. Le territoire peut aussi déployer une approche “Une seule santé” en mettant en œuvre un ensemble d’actions qui, cumulées, permettent d’améliorer tout à la fois la santé humaine, celle des animaux et celle des écosystèmes.

Photo : Nikita Chaturov / Unsplash.

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