La démarche qui accompagne l’utilisation de la Toile des causalités au BASIC permet de réfléchir à des actions visant à améliorer la durabilité du système alimentaire, mais pas seulement.

Ce n’est pas qu’une question de nourriture.

Quand nous réfléchissons à ce que nous mettons dans notre assiette, nous en venons vite à parler de santé, mais aussi de revenus (des ménages comme des populations agricoles). De développement local, de souveraineté nationale, d’écologie, de politique…

Se pencher sur le système alimentaire, comme nous le faisons au BASIC, c’est regarder beaucoup de choses à la fois. Et pourtant, nous souhaitons aller plus loin. Car nous pensons que derrière notre manière d’aborder l’alimentation, il y a une méthode qui peut s’appliquer à bien d’autres domaines. C’est ce que nous cherchons à démontrer à travers un projet consacré au Donut, auquel nous participons avec l’équipe de l’initiative belge BeDonut – portée par le Réseau de collectifs en recherche de résilience (RCR²) – et le Centre de compétences en durabilité de l’Université de Lausanne (Unil), avec le soutien de la Fondation Charles Léopold Mayer pour le progrès humain (FPH).

Le Donut, développé par l’économiste britannique Kate Raworth, dessine un plafond écologique constitué des limites planétaires à ne pas dépasser et un plancher social fondé sur les besoins essentiels des humains sous lequel il ne faut pas descendre. Le BASIC s’est appuyé sur ce Donut pour créer la Boussole de durabilité, qui analyse 15 enjeux de durabilité liés au système alimentaire. Mais surtout, à cette boussole vient s’arrimer la Toile des causalités, l’outil que nous avons développé et qui nous sert à identifier les causes de dégradation des enjeux de durabilité du système alimentaire et à visibiliser les liens entre ces différentes pressions.

Nous avons mobilisé cet outil lors d’un atelier organisé le 11 mai à Mons, en Belgique, avec BeDonut. Une dizaine de personnes y ont participé et ont réfléchi aux thèmes de l’alimentation, mais aussi du logement, de l’eau et des sols. Elles sont parties de leurs problèmes locaux et ont commencé à réfléchir aux causes, en pensant celles-ci en cascade : par exemple, “pourquoi y a-t-il un problème de qualité des eaux de surface ?”, qu’est-ce qui le provoque et à quoi cette cause est-elle elle-même due ? Et ainsi de suite.

L’objectif est de parvenir à établir des chaînes de causalité qui permettront, dans un prochain atelier, d’identifier des causes transverses à plusieurs, voire à toutes les problématiques étudiées. La Toile des causalités devra alors permettre de réfléchir à des actions visant à améliorer plusieurs enjeux de durabilité à la fois. Ainsi, agir sur l’artificialisation des sols peut avoir un impact à la fois sur les sols, l’eau, l’alimentation et le logement.

Si la Toile des causalités du BASIC a été conçue autour de la question de l’alimentation, la méthode qui la sous-tend est adaptable à une multitude de problématiques.

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